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Travaux réalisés par le vendeur et vices cachés : que risque le vendeur ?

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Travaux réalisés par le vendeur et vices cachés : que risque le vendeur ?

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Vente immobilière et travaux réalisés par particulier vendeur : quels risques en cas de vice caché ?

Vous avez réalisé vous-même des travaux avant de vendre votre bien immobilier ? En cas de désordre découvert après la vente, votre responsabilité peut être engagée en dépit de la clause de non-garantie des vices cachés contenue dans l'acte de vente.

La jurisprudence rappelle en effet que le vendeur qui a lui-même exécuté les travaux à l’origine du vice peut être assimilé à un vendeur professionnel et ne plus pouvoir se prévaloir de cette clause (v. par ex. Cass. 3e civ., 13 nov. 2025, 24-11.221, 24-11.221).

Dans cette affaire, les acquéreurs d'une maison d'habitation avaient découvert après la vente plusieurs désordres graves liés à des travaux réalisés par les vendeurs eux-mêmes.

Poursuivant les vendeurs en justice, les acquéreurs ont convaincu la cour d'appel que les travaux menés par le vendeur non-professionnel avaient avaient rendu le bien impropre à sa destination.

Dans cette affaire ainsi cités les désordres étaient conséquents : affaissement de nature géotechnique, infiltrations, problèmes de structure de l'immeuble lors de l'extension réalisée, problèmes affectant la charpente et les poutres des chambres, défaillance de l'évacuation d'eau de la baignoire et du lavabo, absence d'eau chaude dans la cuisine.

La Cour de cassation a confirmé le raisonnement de la juridiction d'appel et jugé, au visa des articles 1643 et 1645 du code civil, que la personne qui, sans être un professionnel de la construction, a réalisé lui-même les travaux à l'origine des vices de la chose vendue, doit être assimilée à un vendeur professionnel tenu de connaître les vices, et est privée de la possibilité de se prévaloir d'une clause limitative ou exclusive de garantie des vices cachés.

1. Vices cachés : quels risques pour le vendeur

Le vendeur exposé à une action en vice caché peut voir sa responsabilité engagée sur plusieurs plans. L’acquéreur peut demander la résolution de la vente, la restitution d’une partie du prix ou des dommages-intérêts.

Les risques sont particulièrement élevés lorsque les désordres concernent la structure, l’étanchéité, la charpente, les réseaux ou des éléments essentiels à l’habitabilité. Lorsque des travaux ont été réalisés personnellement, il peut être difficile pour le vendeur de prétendre ignoré les défauts ou d'affirmer que ceux-ci n’étaient pas prévisibles.

2. Les situations qui doivent alerter avant la vente

À titre d'exemple, un vendeur doit redoubler de vigilance s’il se trouve dans l’une des situations suivantes :

  • Travaux réalisés sans entreprise ou sans maître d’œuvre.

  • Transformation d’une pièce, extension, réfection de toiture, reprise de plancher ou de la structure du bâti.

  • Absence de factures, de plans ou de traçabilité des travaux.

  • Vente conclue peu de temps après des travaux importants.

Dans ces cas non limitatifs, la clause de non-garantie ne suffit pas à elle seule à sécuriser la vente. Le risque contentieux reste réel si un désordre apparaît après la signature.

3. Comment réduire le risque avant la vente

Pour éviter de voir sa responsabilité engagée et de risquer de dédommager son acquéreur voire de restituer le prix de la vente, le vendeur doit préparer la vente de sa maison ou de son appartement avec méthode. Cela suppose d’abord de conserver toutes les pièces utiles : factures, devis, photos des travaux, autorisations administratives, déclarations d’assurance, rapports techniques et échanges avec les intervenants.

Il est également conseillé de faire vérifier les points sensibles du bien avant la mise en vente, surtout en présence d’une extension, d’une rénovation structurelle ou d’un aménagement ancien. Une transparence suffisante dans les documents de vente permet aussi de limiter les contestations ultérieures.

Enfin, il est recommandé de s'abstenir de toute présentation ambiguë du bien dans les annonces ou dans les échanges avec l’acquéreur qui pourraient être interprétée comme une volonté du vendeur de minimiser un risque connu.

5. Que faire si l’acquéreur se plaint après la vente

Lorsqu’une réclamation survient, elle doit être traitée avec sérieux pour désamorcer le risque de conflit. Le vendeur doit d’abord relire le dossier de vente, vérifier les clauses signées et rassembler tous les éléments relatifs aux travaux effectués.

En cas de contestation, l'accompagnement d'un avocat en droit immobilier peut vous permettre d'organiser une réponse adaptée et d'éviter des formulations malheureuses aboutissant à une reconnaissance de responsabilité ou envenimant inutilement la situation.

Lille centre

Maître Aymeric TEDALDI

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